Qu’est-ce que le cavorium ?
Au cœur de ce roman de science-fiction de Laurent Genefort se trouve le cavorium, un élément à la propriété étonnante. Il permet en effet d’annuler la gravité terrestre, ce qui explique la présence de véhicules (navires, tramways, automobiles) en lévitation dans le Paris du début du XXe siècle.
Le narrateur nous fournit quelques renseignements utiles sur cet élément :
- symbole chimique : Cv
- numéro atomique : 72
- nombre de masse : 179
- période radioactive : 18 ans et 7 mois
- rayonnement émis : kappa
- température de fusion : 712 °C
Commençons cette petite enquête scientifique par quelques commentaires sur ces premières données. Dans le roman, cet élément fut découvert en 1895 par un minéralogiste anglais nommé George H. Cavor, mais ce personnage est fictif. En revanche, le récit mentionne que les célèbres époux Curie, Henri Becquerel, et Ernest Rutherford l’auraient étudié. Dans la classification périodique, le cavorium prend bizarrement la place de l’élément hafnium (Hf), dont tous les isotopes seraient faiblement radioactifs (l’un d’entre eux, stable, possède le même nombre de masse que le cavorium). Sa température de fusion est voisine de celle du radium.
La période radioactive du cavorium est comparable à celle du curium 244, de numéro atomique 96. Enfin, au contraire des rayonnements alpha (noyau d’hélium), bêta (électron ou positon) et gamma (photon), le rayonnement kappa est une pure invention littéraire (jusqu’à preuve du contraire). Dans le roman, cette radiation, appelée aussi cavoradiance, est à l’origine de l’antigravitescence. Tous comme les rayons gamma, elle est absorbée par le plomb.
On constate donc que l’auteur s’appuie sur des connaissances scientifiques réelles pour construire sa fiction et faire naître l’imaginaire.
Où trouver du cavorium ?
Quelques minerais (fictifs) sont mentionnés dans le récit : l’hermésite, la kilianite, et la lanosite. Accessoirement, les os des Martiens (leur planète est devenue accessible grâce aux paquebots cavoriés) fixent le cavorium comme le squelette humain fixe le calcium.
Selon le narrateur, la teneur en cavorium, au sein des minerais les plus riches, serait de quelques centaines de grammes par tonne. C’est à peu près le cas de l’argent, qui présente une concentration moyenne d’environ 100 g/t et peut dépasser les 300 g/t dans certains gisements. L’or et le platine présentent des teneurs inférieures.
L’auteur imagine que le cavorium peut se combiner avec l’aluminium pour former l’alcavorium, mais aussi avec le cuivre (bronze de cavorium), le nickel (nicavorium), le tungstène, ou l’étain. Cette propriété n’est pas extraordinaire : le manganèse (Mn), le silicium (Si), le fer (Fe), le zinc (Zn), voire le titane (Ti), peuvent aussi former de tels composés. Il peut s’allier à des non métaux tels que le chlore et le sélénium.
On apprend aussi que le composé moléculaire le plus répandu est CvSiO4, un silicate de cavorium. Sa formule chimique rappelle le zircon, ZrSiO4 ou l’hafnon, HfSiO4 (d’autant plus que Cv prend le numéro atomique de Hf dans le roman).
La suite de ce roman, La Croisière bleue, a paru en avril 2024. Sans doute en apprenons-nous davantage sur le cavorium…

Cavorologie
Pour en savoir plus sur la cavorite, consultez l’abrégé de cavorologie publié par Hippolyte Corégone (né en 1882).


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